






Ce rêve aquatique où tu m’es perdue, ton efflorescence, ô rose, cette
lagune mystérieuse qui accueille l’étoile dans la nef du bleu…
Tout traverse en mon âme quand je te vois, danse des mots assujettis
au silence, écueil sur ma voix, palpitation creuse et sans visage qui nage
de ses ailes larges à l’intérieur de toute chose : ce regard qui jaillit d’une
source profonde…
Une messe de toujours règne en moi et je me demande encore
pourquoi je reste muet.
Extrait de "XIII'Pantica".
« Il pleut, ma vie, il pleut, mon cœur
Il pleut des flaques de rire sur le visage laiteux de la sorcière qui dort…
Ses cheveux, confus et fou, sont un crin dur de désir,
Tournent et se cabrent dans l'herbe vivace
Rampante
Avec des nœuds comme des lobes à coulisses
Qui pendent.
C'est une prairie qui a peur.
Il y l'évêque et sa crosse
Et ce cheval humide qui poursuit sa course dessous l'ossature rêche de mon crâne. »
« Mais enfin on ne comprend rien à ce que tu dis ! »
Extrait de "Le chant du coq de pluie ".
S'il n'y a pas d'autre moyen de contrer l'invasion des sens,il faut abandonner fièrement la guerre et accomplir sa tâche sur terre. Cette tâche, c'est construire à la cognée en rondins une belle maison. Assourdi par le tonnerre dans le monde je suis allé, il y avait là dispersée une montagne de maisons. Mais seul reste de la guerre, mon sabre, mon unique chair, des toits abat les hirondelles dans un sifflement, à fendre les rondins il est impuissant. De corps ou d'arme faut-il changer, construire une maison ou sabrer l'ennemi, ou d'une vierge la dentelle du chêne arracher avant de plonger le sabre en sa poitrine ? Charpentier d'un sabre je suis armé, comme sur l'ennemi je marche sur la maison, la maison en son centre touchée, à mes pieds incline les cornes de son front.
Extrait de Daniil Harms, "Le sabre ".
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent: mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent et qui s'en éloignent.
Extrait du"Discours de la méthode" de René Descartes.
Connaissez-vous quelque chose de plus outrageusement fécal / que l'histoire de dieu / et de son être : SATAN, / la membrane du coeur / la truie ignominieuse / de l'illusoire universel / qui de ses tétines baveuses / ne nous a jamais dissimulé / que le Néant ?
En face de cette idée d'un univers préétabli, / l'homme n'est jusqu'ici jamais parvenu à établir sa supériorité sur les empires de la possibilité.
Car s'il n'y a rien, / il n'y a rien, / que cette idée excrémentielle / d'un être qui aurait fait par exemple les bêtes.
Et d'où viennent les bêtes / dans ce cas ?
De ce que le monde des perceptions corporelles / n'est pas à son plan, / et pas au point,
Extrait de Antonin Artaud, "Le Théâtre de la Cruauté ".
1986, la Suisse introduit dans ses lois la détention en vue du refoulement des requérants d’asile dont la demande a été rejetée. Jurg Schlemenschlieb n’a pas mis de slip en allant ce jour-là au Palais fédéral, il a voté contre, par principe, et dans l’ascenseur qui le ramenait au 7e étage de son immeuble de Zürich, il fixa son attention sur une sorte de mouche qui volait en se cognant contre des murs invisibles dans un espace plus restreint que celui de la cage en plaqué hêtre et faux velours gris. Tout le problème réside d’après lui dans la classification de ces mouvements : à gauche, à droite, en haut, en bas, vecteurs en centimètres/seconde, mais alors il faut avoir un point de référence, un plan de référence où commencer in medias res à constituer la carte de ces mouvements se dit-il, et se rend compte immédiatement que ce plan alors vient d’apparaître.
Extrait de "L'insecte géométrique".
Qui, parmi les convives, avait eu l’oreille suffisamment infusée dans le silence de tous, pour entendre le diapason cogné de cet équilibre impérieux ? La plupart du temps, la bouche n’égraine, n’égrainera pas le corps… et la langue glisse dans son toucher. Le drame de tout groupement d’hommes se joue là : entre étendue et gravité, la masse hésite. Et c’est là aussi qu’il faut rechercher la raison de cette faible endurance concernant les questions les plus hautes, cette assemblée qui se défait, dissoute pour s’être refusée à la difficulté du vague, refusant de se maintenir plus longtemps dans ces affres secs comme des prairies d’été, toute prête à prendre feu. Le silence dans le silence. Trop imperceptiblement, le babil de chacun a exigé d’être valorisé à nouveau. Et dans mes yeux, exercés à se lever du fond de leur érosion, la table devint plus dense encore de sa lumière, jusqu’à ce que je réalise l’opacité de sa source.
Extrait de "Et ses poings ne sont pas fermés".
Je veux développer ici un concept de réalité qui soit à même de décrire les transformations de la société contemporaine, sans humanisme condescendant, sans pruderie de la sensibilité, sans négation du sentiment religieux, sans révolte d’enfant déjà vieux. Mais, me demandera-t-on alors, que vous reste-t-il ? Il me reste l’esprit du jeu.
Extrait de "Mitsugané ou la théorie du jeu parfait".
Je la voulais ainsi, et cependant chaque fois que j’y entrais elle me venait changée, par l’oubli d’un signe, d’une voix, d’une virgule au-dessous de mon regard qui, un instant dépris de lui-même, circulait alors sans concert et sans retrouver les clés de sa trame luxuriante, précisément emprunté ; à l’image de ce mouvement de lune qui m’a fait tour à tour refuser ce que j’avais si ardemment désiré. Ah je la cherchais cette lune ! c’était elle encore que je voulais et nulle autre ! et maintenant, mais pour l’émasculer, pour la déchiqueter, pour écraser ses berges tremblantes contre mes lèvres, et tout dans les marées du désir ne me parlait que de faire tomber sa tête blanche dans les profondeurs marines — vitupérant ses rayons, pris moi-même dans cette cascade d’échos et de rayons, l’oreille ourlée par le tambour de dominos qui tombent avec bruit.
Extrait de "L'enclume des forces".
Qu’est-ce que vous dites ?
Non, je n’ai rien dit.
Mais j’ai cru que quelqu’un m’avait appelé,
quelqu’un ou quelque chose.
L’IMPÉRATRICE :
Aime et laisse aimer !
LE LION PROTECTEUR :
Ne regarde pas !
LE VIEUX ROI :
Balance, flotte,
dessus ou dessous,
en rotation et pulsation.
S’il nous faut aller au chaos, viens,
mais donnons-nous la main.
Extrait de "Alchimie de la Soupe"
J’aimerais écrire sur un tableau noir avec les yeux d’une chèvre, des effloraisons micrologiques. Mes doigts tapent sur un ventre plein d’ombre, mais je suis aussitôt trahis par la fixité de la lumière artificielle, et ceci bien que mes orbites parfois roulent au-delà de l’écran et se servent de lui comme Narcisse de son miroir aquatique. Suicide technique, technologique, quoique la parole n’ait pas grand-chose à voir dans tout ça, du moins pas en tant que mouton noir, mais bien en tant qu’elle est sécrétée et communique des pistils cryptés dans des dimensions séparées de l’espace, avec d’autres lettrages et valeurs intensives, plus ou moins élaborées, codées, et pas seulement par ces successions de moutons noirs et de moutons blancs qui broutent la lumière de l’écran, mais avec dix mille mondes, comme on en sent affleuré tout au long de Ghost in the Shell. Mais le titre est trompeur, un fantôme dans une coquille ce n’est pas du tout ce qui se passe dans le film : voyage d’une matière vers d’autres matières, d’un pistil humain vers des fleurs de machines qu’il va féconder, et lui-même n’est pas seul. On y écoute étrangement la semence se former comme en se retournant sur sa propre multiplicité, une fois jetée loin du corps organique, et prendre un élan distinct qui s’amuse ensuite à se spécifier dans des directions de nature. Ce qu’on y écoute est fantomatique, mais qu’est-ce à dire ?
Extrait de "Micrologies fantômes".
Savait-on seulement dans quelle direction, vers quel livre, sur quel carrefour se logerait bientôt l’attention passagère ? Non sans doute. C’est le printemps et on a tout oublié, pour grandir. Le seul souvenir (parce qu’il vient du bas, du ventre total en équilibre sur la terre) est ce visage et cette main qui se croisent sur l’oreille, comme pour entendre la mer. C’était une femme, presque une jeune fille, à en croire les formes ou l’haleine, à en sentir la dérive pénétrante, la blessure lente. Elle aurait eu l’opportunité de dire quelques mots peut-être, avec sa bouche en conque, ses yeux d’onnagata, et sa rime fière à la base-cambrure du dos. Maintenant elle parlait ce mot gravé au stylo sur la tablette marine qui me faisait face dans la bibliothèque, ce seul mot, recouvert par trois livres sur la pensée d’Héraclite et qui fuyaient comme de leur propre force vers leur fenêtre disponible — pouvoir des mots imprimés de s’imprimer sur le corps de celui qui les lit. Allées et venues d’une joue, ou tel fragment de l’arrête du visage qui fleurte avec l’écran de ma peau, comme ferait un cétacé venu respirer à une surface, dans l’ignorance la plus accomplie, pour disparaître là où se referment les eaux.
Extrait de "Je lis en toi comme dans un livre ouvert ".
Before the seas and mountains were brought forth, I reigned. Pureté ineffable qui pénètre
cette plage de juin, le ciel d’azur, les nuages cernant l’horizon de montagnes de bure et de
topaze, à d’autres pas réservées, que fortifient les retours puissants d’une guitare basse.
Etreint par les éléments d’avoir combattu durant tout le jour, les masses sonores se
déplaçaient en vrillant sur les corps, comme plus tard, en 2010 par exemple, ferait une
tondeuse à gazon (type moteur à combustion extatique), sur le faisceau d’attention d’un
homme en tout point délivré. Ici MacLachlan, 3e division britannique, sur une plage de
Normandie. Son regard est comme l’épée, baptême de fer, nom d’un siècle pour ce sable,
cette plage, nom d’un daïmon appris dans le geste, entré dans sa mélodie dès le premier
bond sous la mitraille, qui lui fit connaître ce cercle parfait que le soleil a vitrifié sur le
ventre à marée basse. Daïmon daïmon. Le vent souffle, léger, dans les yeux d’un écossais
que traversent les horizons, tels des dominos dont sa force semble pouvoir faire tomber un
seul sans que les autres ne soient mis au pas en telles ribambelles de saccades. Pourtant la
question se pose, est entrain de se poser : combien de chaînes, combien de dominos tombés
pour en arriver à ce moment précis, ce moment rare, mais ample, dense et voisin de tout ?
Extrait de "#9 pour Lada ".
Nous n’invitons pas à l’anticipation, il ne s’agit pas de prendre les choses avant qu’elles n’arrivent, mais de survenir aux trames présentes, avec six bras : pour tenir un temps dimensionnel, pour y déposer un grain de sable, pour souffler sur lui le temps de sa perlification. L’acte en question tient donc plutôt d’une antéphysique. Et pour qu’une telle activité puisse devenir lourde de fruits, le choix de l’heure de notre mort, un choix construit passés mille chaos, remis mille fois sur la table d’opération, et traversant toutes ces morts non moins étranges qui rythment la vie, il est dans notre intérêt qu’un tel choix s’impose au coeur, le temps d’un intervalle, d’une intersection avec l’éternel. Kristian Birkeland avait peut-être ainsi cultivé sa mort de longue date, ou même depuis peu, dans l’intuition que le moment de quitter la vie était venu, s’il voulait la quitter au plus libre de lui-même, dans une aurore tissée de la proximité d’une planète étrangère, comme le passage d’Io en trace dans l’atmosphère de Jupiter. Mais il suffirait par exemple qu’on ait retrouvé des traces d’humidité sur la chemise de Kristian Birkeland, et d’un médecin légiste peu scrupuleux, acheté par un groupe d’intérêt ou un autre — les prétextes comme les boucs émissaires ne manquent pas —, pour que la thèse de l’assassinat ait pu être accréditée, pour qu’elle ait gagné en crédit, au risque d’une bulle spéculative de plus. Trois hommes entrèrent ce soir-là en coup de vent dans la chambre de K.B., le premier brandissant sur lui son Luger Parabellum, le second fermant le porte derrière le troisième qui s’avança dans la pièce en tenant entre ses mains un cube de 20cm d’arrête, recouvert d’une écharpe de soie blanche. Les trois hommes se sont postés en face du lit où Birkeland s’est redressé, d’un bond.
Extrait de "SaturnZkylon".






l’âme est un roulement de dés continu,
mais c’est le mouvement du lancer qui nous habite,
non le résultat d’un unique coup,
mais comme les dieux traversent la matière et la disposent en formes
sous les traits de telles ou telles conditions de possibilité pour un lancer futur.
Ce dieu-là ou un autre...
Ce n’est sûrement pas une question pour nous autres, êtres problématiques.
Comment serait-ce — un problème ?
Avatar d’une des nombreuses formes de moi-même,
et tu me poses une question ?
Extrait de "Ce dieu-là ou un autre".

Une aurore dont le soleil serait absent. L’instabilité au creux des reins, la sexualité aveugle, la tendresse malade de ne plus pouvoir se donner. On m’a répété qu’il y avait seulement à passer à autre chose, que ce n’est pas une question d’intelligence ou d’esprit, ou d’on ne sait quoi encore, mais seulement d’accepter la réalité et de passer à autre chose, d’oublier et de passer à autre chose : petite ritournelle comme un tourbillon dans le fleuve du Léthé. Mais je ne peux pas, je ne veux pas. A la limite, le fait même que j’aie commencé à travailler sur Spinoza au moment où l’oubli m’attirait le plus marque mes mots : je ne veux pas ne pas y penser, je ne veux pas rompre la bataille devant l’évidence, ni devant la douleur. Pourtant j’y serais forcé encore, je le sais bien, à de nombreuses reprises. Larmes, drogues, errances, absences, catatonies, c’est un peu la mer à boire de toute façon, l’âpreté du sel lorsqu’on aurait voulu se désaltérer. Je n’avancerais donc pas comme Spinoza par définitions, axiomes, propositions, démonstrations et scolies, j’en suis incapable, simplement. J’irais d’une manière plus organique, sur un pas de deux, cahin-caha, comme je peux, comme je dois. Car il me semble que j’ai bien là comme un devoir, je suis en devoir, ne serait-ce que cela, de « garder la forme ». L’idée de mon esprit est cette autonomie que rien ne peut réduire.
Extrait de "Avec Spinoza, lettre-étude expérimentale".
Elle les avait rejoints, sans que le médiateur-mentat ait pu formuler son apparition. Il savait que le métaïme avait du la sentir, se former, comme il sentait la moindre variation du réel-constitutif, s’égrainant et fluant à l’aune de sa sensibilité verticale. Maintenant, derrière eux, glissant à travers l’espace compris entre la fenêtre d’orient et la fenêtre d’occident, le son craquetant d’une craie grattant sur le grès bleu accompagnait un mouvement, un bruissement de lune... Maintenant il entendait ce bris de lune, ce ventre en gésine fait de feux d’écume qui se fragmentaient et se compliquaient les uns par les autres, non plus rupture mais éruption / non plus continuité mais poursuite, infranchissable, impénétrable à force de vitesse, présente parce qu’intouchable.
Extrait de "Lodoronia Eskwander".
La question n’est plus dès lors comment, mais quand ? Quand le jugement cesse-t-il d’être un problème ? — Une fois que le désir a atteint au « point focal où le réactif est vaincu (ressentiment et mauvaise conscience), et où le négatif fait place à l’affirmation », ce moment qui est celui du surhumain de Nietzsche, du corps sans organes d’Artaud et de la béatitude de Spinoza. — Toutes choses qui ne peuvent avoir lieu qu’en pleine vie, en plein vent, balayées d’odeurs sauvages, désirant à même la terre dans la lutte, mangeant le devenir à même le sol, pendant qu’il naît, à même le dehors dans la transmission et la transformation des forces qui ne cessent de devenir autres et de nous emmener avec elles, avec nous : une vie. Vouloir sa justice immanente, la grande justice. Vouloir la volonté et l’immanence à travers ce regard qui cligne des yeux et s’enfuit à la nuit tombée. Vouloir les aurores maculées, les fondations sanglantes, les bris de glace bleus et noirs, étendues coupantes où notre animation vient jouer les cartes de son hasard souverain. En aurons-nous jamais fini ? Avons-nous envie d’en finir ? N’est-il pas temps — de passer à d’autres désirs ? Mirages, miroirs, minotaures...
Extrait de "Le problème du jugement et le Corps sans Organes", IV,7.
Des montagnes de poudre à canon, leurs contours soulignés avec de l’ambre. Visions éclatantes sur cet horizon qui n’est plus ligne mais tableau ou place d’arme, qui n’est plus surface mais brisants des mers profondes, entrelacs haletant d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sorti de la gueule de je ne sais quel prophète pris de court par sa propre voix ! Devant ces échines de feux mats, hautes dans le ciel, des cortèges de lumières en coton… Le vent les étire et donne aux nuages ces formes improbables qui ont déjà commencé à tatouer mon esprit. L’horizon s’arrondit comme le ventre d’une femme enceinte, ou comme le sein de cette mère, tout à l’heure, qui nourrissait son enfant sur le siège du taxi-brousse. Les vallons se resserrent : un col, puis un regain de chair… un autre col où l’horizon se plisse, rocheux, carminé, nu ou presque. J’insinue un si nu. Et si ? Non, pas comme ça… Un pont, un cours d’eau ; des habits qui sèchent sur l’herbe. Les rizières, en quelques tons de vert encore ternes, et ce carré de menthe tout à coup qui claque en enveloppant tout l’espace, et mâche le fil de mes pensées avec les dents d’un enfant sauvage. Quel rythme ? Quelle forme ? Les rizières, mais le plus souvent de terre retournée, à la bêche, à la main, à la roue, cette roue de fortune et d’infortune qui ride et écorche les lèvres épaisses des gens d’ici, ouvertes sur le sourire éternel d’un peuple sans cesse confronté à sa survie. Que faire ici, qu’être ? Où ? Le présent interpelle. M’appelle entre lui et lui.
Extrait de "Terre rouge", 12 octobre 2008.

























..Terre rouge
...Lodòronia Eskwander
....Le problème du jugement et le Corps sans Organes
.....Avec Spinoza, lettre-étude expérimentale
......Ce dieu-là ou un autre
.......Micrologies fantômes
........SaturnZyklon
..........#9 pour Lada
..........Je lis en toi comme dans un livre ouvert
...........L'insecte géométrique
............Et ses poings ne sont pas fermés
.............Mitsugané ou la théorie du jeu parfait
..............L'enclume des forces
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.................XIII'Pantica
..................Calosités vespérales
..Daniil Harms : Le sabre
...La chose du monde la mieux partagée
....Antonin Artaud: le Théâtre de la Cruauté








