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Eskwander

Post-scriptum

18 août 2009

Je te le demande, essaye de me comprendre. Il fallait que je tourne la page, et toi… oui je sais… tu te retrouves là, devant un livre fermé, comme si tu arrivais trop tard. Mais il existe différentes temporalités, non ?

Je l’envisage sérieusement. Sinon pourquoi écrirais-je ceci ? Je te parles à toi, lecteur d’un autre temps, comme je me parlerais à moi-même, moi-même d’un autre temps… parce que je sais qu’une rencontre est toujours possible. Parce que la plupart des rencontres se produisent, comment dire : entre le temps et le temps ?

Je ne sais pas comment tu voudrais me lire. J’ai préparé un fichier qui reprend tous ces textes dans l’ordre chronologique d’écriture, auxquels s’ajoutent des lettres de nouvelle, une ou deux autres choses. Mais libre à toi, si tu veux nous saisir dans un instantané, au hasard des titres, d’une phrase qui te frappe, d’une période de l’année, d’un événement.

Tout est là, un peu abandonné, un peu vivant, à attendre que le poisson remonte la rivière. Peut-on matérialiser la durée de l’eau ?

Oui, on le peut, et d’un seul mot :
merci… !
.

Lodóronia Eskwander

9 août 2009

Après un peu plus d’un an au fond d’un tiroir, Lodoronia revient à la lumière du jour. Ce texte, écrit entre les mois de février et d’avril 2008, je le savais susceptible d’être repris et clarifié. C’est désormais chose faite. Épuré de ses contingences, et réparti en 5 chapitres dont l’un est entièrement nouveau, il a bénéficié d’une année de distance et de réflexions autour des thèmes que j’y développais. Le discours est stabilisé et ses objectifs n’ont plus peur de se dévoiler ; désormais, la complexité conceptuelle se révèle tantôt par des phrases directes ; l’enveloppement temporel de la narration est porté à un nouveau degré d’achèvement.

” Science-fiction en prise sur l’histoire, essai de philosophie narrativisée, les concepts y deviennent autant de personnages avant d’engendrer des lignes de pensées qui produisent leurs opacités en amont de tout discours vérifiable. Ce texte s’élance dans l’aventure philosophique contemporaine du mensonge, produisant une typologie du vrai, selon le fait, le droit et la puissance. Il recueille les fruits de mon travail sur l’immanence et le corps sans organes, dont il tente une reformulation différenciée. Questionnant le rapport entre nihilisme et capitalisme, il donne le nom de valorisme à l’éventualité de leur dépassement. Un texte qui vrille enfin autour de la notion de peuple, du postmodernisme, autour des figures de l’intellectuel et de notre rapport à la liberté.”

> Ouvrir Lodoronia Eskwander en format pdf.

Entre-mises à jour

29 juillet 2009

Dans les déchirures d’un midi radieux, au plus bouillant du jour, nous sommes arrivés sur les lieux et nous avons regardé. Regardé. Et regardé… Jusqu’à ce que nos sourcils se soient transformés en deux ailes, dont notre vision devint aussitôt le battement et la propulsion. Nous avons fermé les yeux. Nous les avons rouvert.

Je prends quelques jours de vacances, destination l’est de la Suisse, puis le nord. En attendant, dans cet interstice de possibles, je rends attentif mon lecteur occasionnel à quelques modifications survenues depuis peu sur ces pages. Tout d’abord, ce blog a changé d’adresse, désormais mc.skafka.net/blog. Mais il y a plus important. J’ai mis en ligne la semaine dernière une nouvelle page à l’adresse mc.skafka.net, dont le but est la mise en valeur de mes productions écrites, principalement, mais aussi sonores, picturales et vidéos. C’est le résultat de mes longues nuits malgaches…! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Enfin, last but not least, la création d’une nouvelle page d’intervention, appelée Dérapage, que vous trouverez à l’adresse derapage.skafka.net. Cette page est libre d’écriture, ce qui équivaut à une invitation. Inscrivez-vous, un mot de passe vous sera fourni, et écrivez… à bon entendeur ! Il y s’agira et il y s’agit déjà d’user la matière du présent croisé chaque jour dans les rues, les rues de Suisse et d’ailleurs. Il y s’agira d’analyses et de critiques, de rires et de coups de gueule, d’amour aussi. Un premier article ouvre le bal, traitant d’affiches vues dans les rues de Suisse et arborant des extraits bibliques à vocation prosélyte. Le ton en est mordant, croisant le genre du pamphlet. Des retours quant à ce type d’écriture seront eux aussi apprécié, en pour ou en contre bien sûr.

Dans un fast-food chinois de la place Bel-air à Lausanne, deux femmes âgées d’environ 60 ans, vêtues de tapisseries bouffantes et chignotées à la façon de deux pies qui aiment tout ce qui brille, regardent le jodle à la télévision et se dandinent sur leurs chaises.

Revenir, rentrer, retourner… tout cela était faux. Cela ne colle pas. Cela ne fait pas sens.

Je viens, j’arrive, oui. Cela oui. J’arrive dans ce pays, la Suisse, j’y suis en visite, je vais y rester un moment, oui. Il y aura toujours dorénavant un départ d’avance dans chaque retour.

Je suis en visite, c’est un drôle de pays, je ne l’aime pas plus que les autres, je l’aime parce que je viens voir des amis, de longue date, et d’autres, oui d’autres mais tous ils sont jeunes, bruts et scintillants, oui, tous, avec leurs poids d’opium et la qualité de leurs métaux.

Je passe et la ligne heurte la matière, et la matière heurte la ligne.

Je suis chez moi dans ce ventre où coexistent ces aspects, ce ventre quantique, moi sans orifice, lointain-étendu, j’ai… oui, moi de sensation-silence. Je suis demeure, direction, pourtour, et avec toi, je te suis entre tes omoplates où mes mille fronts se scindent en se rassemblant. Je suis chez moi parce que je suis chez toi, chez vous, et dans vos paroles qui font parler les blancs, dans ton amitié et la tienne et la tienne et la table que nous dressons de nos dentitions parfaites et de nos bouches de cyclones.

Comme un être assis sur l’aiguille des secondes, et qui aurait compris que pour sauter dans le temps il valait mieux cesser d’indiquer ce qui passe, et marcher jusqu’au moyeu immobile de l’horloge.

Pour y prendre un élan, précisément arrêté.

Ecriture bruitiste

24 juillet 2009

Voici le poème que Manda, un élève d’une de mes classes de philo, m’avait offert, c’était juste avant mon départ d’Ambatolampy, il en avait les larmes aux yeux, et moi ? Dans le trouble, et essayant de lui donner courage… En l’occurence, Manda a inventé une écriture, une forme de sténo selon sa propre inspiration. Et si ce poème tente de faire la synthèse de la genèse chrétienne et de la théorie de l’évolution, il faut, pour comprendre cette tentative, se souvenir que son auteur n’a jamais entendu parler de créationnisme ni d’intelligent design. Il invente une solution à un problème qui le préoccupe directement.

Cette capacité à s’approprier des lettres grecques, à inventer des symboles, en fait toute une panoplie de caractères, à donner de la couleur et de l’espace à l’expression, à se poser des questions, à produire du sens…

A ceux qui se lèvent tôt

23 juillet 2009

“Il y a tellement de questions qui sont demeurées sans réponse… Suis-je vraiment la seule à les poser ?” Dana Scully est effrayée par ce miroir, une scène miroitante d’interlocuteurs-simulacre qui lui renvoient une image mal dégrossie d’elle-même, une image de ce qui, par là-même, apparaît comme son personnage. Qui est Dana Scully ? Qu’est-ce qu’un personnage ? Nos fictions sont-elles des miroirs ? Ou sont-elles des simulacres de fumée ? Je penche nettement pour la seconde éventualité, et voici pourquoi.

Michael Jackson fut en vérité l’un des principaux vecteurs de la grippe A (H1N1). Et sa mort, on s’en doute, est le signe que l’humanité a dépassé un point de non-retour. Plusieurs séries de faits se sont en effet trouvées par là exposées au grand jour, des séries qui ne pouvaient l’être auparavant, tant elles semblaient alors divergentes à l’esprit humain, si dépareillées, en regard de son système de catégorisation majoritaire, qu’il ne pouvait en synthétiser la portée, et ainsi, ne peut maintenant se rendre compte de son destin qu’une fois ce destin franchi les yeux bandés. La crise économique peut être expliquée par les subprimes, la bulle immobilière, etc. Mais personne n’est dupe. La raison de ces emportements, de ces actes maniaques qui consistent à vendre de la valeur à des individus qui, l’achetant, en deviennent les premiers promoteurs : d’où vient-elle ? La réponse nous a été donnée le 25 juin dernier, avec la mort de l’icône de la pop droguée au propofol — l’entendez-vous, ce bruit de bulles de savon qui éclatent ? —, une réponse qui tient en une expression toute simple et facilement assimilable par l’esprit humain : miroir déformant. Il fut certaines époques où l’être humain se regardait lui-même — se connaissait lui-même — face à des portiques de pierre ; aujourd’hui et depuis 50 ans, il s’observe dans des bulles de savon. Michael Jackson symbolise ce destin, le corps d’une croissance effrénée qui engendre des déformations radicales de l’espace-temps sur son passage. Le battage médiatique autour de sa mort n’est pas que le petit drame de journalistes en mal de sensations durant la période creuse de l’été, c’est avant tout l’after effect de ces déformations. Miroir grossissant, nombril énorme, tandis que la tête et les pieds s’étendent sur la surface infinie de la sphère et se perdent de vue. Comment Michael Jackson ne serait-il pas dès lors un extraterrestre ? Cette problématique, au demeurant, est secondaire, puisque tout revient toujours à se demander : pourquoi l’être humain se retrouve-t-il dans une telle situation, et que va-t-il en faire ? Or à rationaliser l’idée que Jackson était un extraterrestre, au sens astronomique du terme, on va nécessairement en arriver à l’idée qu’un plan existe où se rejoignent le réchauffement planétaire, la crise, la grippe, la pop et la lune. Un coup de shaker pour obtenir la résolution suivante : le roi de la pop est un extraterrestre venu de la lune (son fameux moonwalk !) pour séduire l’humanité et la confirmer dans ses velléités de production de masse (lobotomie culturelle, élevage intensif favorable à l’apparition de nouveaux virus, destruction de la couche d’ozone, augmentation des températures, etc. pour ne citer que les effets négatifs, issues favorables à toute théorie du complot, lorsque ne citer que les effets positifs est favorable à une théorie de plan divin) et de transformations biologiques visant à mobiliser l’immobilier génétique (ou faut-il dire le capital ?). Erreur courante — et oui les idées ont des jambes — qui consiste à prendre les effets pour les causes…

Ce ne sont pas nos fictions qui sont des miroirs, ce sont nos moyens de production. Nous réabsorbons ces derniers, soit sous forme de produits, soit par le biais d’intégrations processuelles, couplages et recyclages. Mais les fictions, en tant que produits, ne sont pas destinées à la consommation humaine. Il semble qu’elles soient bien plutôt destinées à la consommation extraterrestre, et par extraterrestre je ne veux rien dire d’autre qu’une territorialité métaphysique, qui, certes, est humaine, mais que l’humain ne s’approprie pas. Les Grecs, lorsqu’ils faisaient des sacrifices à leurs dieux, mangeaient la viande, mais brûlaient les viscères, parties nobles dont la fumée alimentaient les divinités. Car il ne suffit pas de croire aux fées pour qu’elles existent, il faut encore faire acte de foi. Ce qui fait d’un mensonge une vérité en puissance, et d’un désordre frénétique quelque chose qu’on appelle sans y penser “le capitalisme”.

Qui croit encore au capitalisme ?

En retour

22 juillet 2009

Choc thermique, environnemental-électrique, proprioceptif, socioaffectif, culturel, etc. etc. Choc de l’amour réel. Choc des espaces-temps, choc ? Certes de la confrontation, d’une mémoire vive et d’une mémoire morte, choc de l’inidentifiable et du trop de tout, choc des références, et même de cette facilité qui nous fait imprécis pour notre propre délice. Choc du sous-peuplement, choc de toutes ces installations, de ce que certains appellent la paix sociale, des appareils électroménager, des rues propres et nettes, de l’inhabitation, et d’autres formes d’inhibition et de non-dit. Quelques notes de clavecin en pleine brousse, des bruissements dans la lumière du matin, et l’existence, enfin, d’une vie nocturne.

Treize jours à vivre dans les écarts de toutes les jambes qui me marchent, à psalmodier des mots-chemin entre les immeubles et les vallées vaudoises, à jeter mes yeux dans le lac et mes oreilles dans la phonosphère contemporaine. Mille rencontres, qui me parlent de cette joie d’être à nouveau possible… ! Treize jours aussi pour reprendre possession d’un lieu, mon 9e étage, et l’ascenseur, les odeurs, les matières, pour retrouver les livres, les discours sur la crise, sur la grippe, sur la lune, les conneries opportunes, dont on s’étonne peu, mais pas envie de se plaindre, envie de se dispenser de moi, d’un moi, au moment même où une autre peau se forme. Mu par le futur qui pousse.

Je pense souvent à Faly, Rolland, Manda, Viviane, tant d’autres, à Nivo, j’appelle, je vais écrire, je vais dormir, je vais mourir, je suis tranquille, je prends garde à mes pieds, je fais semblant de tout sans rien simuler, j’adopte des sourires errants, j’annule les astres, strie les reflets, oriente, glisse, frotte, masque, chante, lézarde, et rigole pas mal de toute cette souveraine inutilité à moi si rythmiquement enseignée par cette autre terre que je connais. Présent de l’ouverture, d’une distance intériorisée. Oh dis merci, fou lucide, à l’incommunicable de cette vie !

Derniers jours sur terre, sur terre rouge, derniers jours en sabre de lune, en tranchant, déchirements et sourires, larmes et ouvertures intangibles, vers un monde autre, vers des temps autres. L’état quantique se résout de lui-même dans le passage du trou noir.

Jeudi et vendredi, ce furent mes derniers cours. Nous avons, comme de juste, fait des jeux avec mes élèves, question pour un champion, pendus et jeux mathématiques. Ils m’ont chanté des mélodies d’adieux, mon coeur était serré, et cette tension de l’adieu où je me sentais, comme j’avais envie qu’elle accouche, qu’elle me libère ! Mais ces derniers jours arrivés, une certaine sérénité me revenait par endroits, exposé à la lumière rouge d’une chambre de développement organiques.

Le vendredi soir, ce fut le pot d’adieu organisé par les enseignants, surveillants et secrétaires. Madame Beby avait préparé des sambos, des nems, des mofy baoly ; il y avait de petites choses à grignoter, des boissons hygiéniques ; et j’apportais de mon côté trois bouteilles de vin du pays, ainsi qu’une bouteille de Lagavulin, whisky écossais de son prénom. Après discours, félicitations et remerciements réciproques, nous avons dansé le afindra findrao, avant d’enchaîner sur toutes sortes de danses gasy à la mode. Mes collègues ont terminé cette courte soirée par un karaoké, comme de juste. Des chants connus de tous, ils les chantaient avec une fraîcheur ! en me faisant des aurevoirs de la main…

Samedi, dimanche, rangements, bagages, nettoyages. Je m’asseyais de temps à autre sur le perron, laissant mon regard vaquer à travers le fine bruine qui n’avait presque pas cessé de tomber depuis une semaine. Les températures ont subi dernièrement un regain de fraîcheur, de 0 à 5 degrés, gel le matin, et ce ciel couvert… Je traîne encore un rhume, et je me souviens des vagues de froid (mangatsika be !) qui venaient me lécher les pieds au cours de ces soirées d’hiver (nirinina). Je vais débarquer demain en plein été, déplacement à travers les saisons du globe, et s’il n’y avait que cela !

J’appréhende mon retour en Suisse, le retour dans le “système”, comme me le disait cette femme d’un charme tout helvétique à laquelle j’allais annoncer mon départ de la Grande île, hier à l’Ambassade. Je vis depuis des mois dans un pays où la précarité est générale, et qui, depuis la crise de janvier-février, est entré en décadence. Pourtant, je continue de croire que la transition actuelle est un moment nécessaire, et que, si elle est bien menée, elle est un gage d’avenir. De l’autre côté, je vais arriver en Europe par la porte de l’aéroport Charles-de-Gaulle, sans doute l’un des endroits les plus hygiéniques et les plus policés de la planète. Mais sans doute, ce n’est pas cela qui m’effraie. J’ai davantage d’appréhension concernant mon propre avenir ; quelle voie ? quel travail ? s’il y a travail ? dans quel domaine ? pour quelle vie ? Je sais où je vais, toujours, mais je ne sais pas comment. Mais quelle importance ?! Qu’il me suffise d’évoquer ces inquiétudes pour les voir d’elles-mêmes se flétrir !!

Lundi, ce fut le dernier repas avec la famille de Monsieur Faly, sa femme, si belle, accueillante, intelligente, ses deux enfants, Fania et Faliana, dont je n’oublierai jamais les sourires, ma gardienne des clés ; avec M. Rolland, sa fille, Mihaly, qui m’a offert un dessin, sa femme et son fils. Cadeaux d’un côté, cadeaux de l’autre, derniers échanges de bons procédés, d’affection, d’adresses. Et puis le départ, en voiture avec M. Faly qui était allé cherché le matin même la voiture de son frère à Tana, et qui m’emménera à l’aéroport ce soir à 20h. Derniers “aurevoirs” pour on ne sait combien de temps. Comme je le leur disais, deux, trois, cinq, dix, vingt ans ? Je n’en sais rien. De leur côté, ils avaient le ferme sentiment que je reviendrai d’ici deux ou trois ans, et nos yeux de fouiller l’avenir en quête d’une réponse, ou peut-être de questions.

J’ai donc dormi deux nuits à Tana, mes dernières nuits malgaches. Fait quelques achats, pesé et recalibré mes bagages… J’ai mangé ce matin mon dernier petit-déjeuner au café-chaussette et beignets. Je reçois quelques téléphones de mes élèves, qui me disent encore une fois “à bientôt”. Pour certains, ce fut une séparation difficile, avec ce garçon par exemple, qui m’a offert un poème écrit dans le langage codé qu’il a inventé. Avec cette fille, je discutais avec elle de temps en temps à la pause, la voyant seule dans un coin à regarder les autres… Je vais encore appelé Madame Nivo cet après-midi.  Me ballader, faire encore quelques pas en terre rouge. Et puis voilà. Voilà. Voilà voilà voilà voilà voilà. Je ne sais pas très bien ce que j’attends, mais j’attends. L’heure du départ. L’avion, qu’on y soit, qu’on soit parti et en mouvement. A nouveau, relancé sur les cambrures du hasard. Pour que le dernier jour soit toujours l’avant-dernier, et…

Etat quantique

3 juillet 2009

Allez ! Dans le froid de l’hiver, Mathias regardait les brumes de son propre esprit s’étirer et se tresser en une fine corde de coton, une mèche. Il n’avait plus le temps, tout cela était maintenant accompli. Feu ! Mais s’en rendait-il compte ? Quelle importance, il n’avait plus de sens à donner, il n’avait qu’à cueillir et être cueilli par cette bruine de sourires, une bruine oblique qui le portait et dans laquelle sa philosophie avait l’élégance… de s’éclipser. Il était à la fois ici et là, là-bas, dix mille kilomètres plus loin sur le chemin de sa vie, et quel temps lui faudrait-il pour les franchir ? Les franchir sans les rabrouer, en tenant l’équanimité de cet état quantique, ouvert sur toute la distance d’un temps qui ne cesse de devenir plus concret. Allez ! allez ! D’adieux en au revoirs, de lendemains en hiers, renouvelés, mon présent bonjour ! oui bonjour, que feras-tu de ta sortie, de cette prémisse éclatante, pourrais-tu l’oublier, non, tu ne le peux pas, ta vie est là, entre ces gens qui fêtent ton départ, qui sont là à parler le clair langage du coeur, et tu ne voudrais de rien d’autre que de cette amitié qui grossit comme les larmes grossissent aux coins de tous les continents de la terre. Leur générosité est ton propre don à la lumière de leur jour. Te voici, ma coupe, te voici, ma lance. N’est-ce pas ainsi que, rendu à lui-même, Mathias cessa de faire tergiverser sa réalité ? Dire ces phrases toutes simples en leur faisant pousser des bourgeons de sérénité sur chaque syllabe : j’ai été heureux de vous connaître, je vous remercie, je vous souhaite… bonne chance… Qui suis-je ? Demain ?

Prénoms

30 juin 2009

La voici, ma dernière semaine de cours, ma dernière semaine dans ce lycée… Je sens toute cette vie s’écouler comme de l’air liquide entre mes doigts. L’appartement que j’ai habité durant dix mois a commencé à se rétracter vers mon noyau sous l’effet de la proximité du départ. Je m’étire à travers le temps et l’espace. Ou peut-être que je me condense ?

Ci-dessous, j’ai inscrit quelques uns des prénoms de mes élèves ; le fait qu’ils puissent être traduits directement dans le langage courant m’a fasciné dès le début de mon séjour.

Sariaka

Tojo

Ando

Voahangy

Maholy

Tsiory

Volatiana

Sitraka

Mampiandra

Niaina

Rova

Saholy

Tahio

Manda

Safidy

.

gai-e

rencontre

rosée

perle

poupée

heureux-se

qui aime l’argent

apprécié-e

malchance

vie

palais

fleur sauvage

béni-e

forteresse

choix

Finoana

Ravo

Bodo

Vensto

Finaritra

Lahatra

Haja

Nirina

Lova

Tantely

Onja

Faliana

Sedera

Hery

Miora

foi

content-e

adolescent-e

chanson

joyeux-se

destin

honneur

désiré-e

héritage

abeille

vague

qui apporte la joie

cèdre

force

parfumé-e

Manda, Domoina, Stéphan, Ny Aïna, Joseph, François d’Assise, Jean-Donné, Lahatra, Jean-Michel, Fano, Tiantsoa, Miandrisoa, José, Emile, Herizo, Tambi, Mendrika, Faneva, Feno, Alain, Vatosoa, Ihasy, Mamy, Lafatra, Annie, Jacquie, Yanah, Lalaina, Prisca, Vero, Marie Oliva, Zo, Estelle, Diony, Fabien,Tody, Jimmi, Andry, Tantelina, Fidelis, Dina, Mirazo, Faniry, Haingo, Olga, Véronique, Hanitra, Samuël, Alison, Delbert, Fenolalao, Noëline, Tantano, Solo, et tous les autres…