Nuit limite

7 août 2008

La nuit s’allonge à côté de moi sur la table, désinvolte. Comme elle sait se moquer de toute pensée “profonde” ! Les concepts s’élident à son contact, s’affinent et s’éclipsent, comme si elle ne tolérait que les voilures les plus fines, de tulle ou de lumière égarée, raréfiée. L’écran d’ordinateur n’est-il pas trop proche de mes doigst, de leurs dix yeux ? Production de mélatonine déphasée, ma glande pinéale tarde à faire se rencontrer mon âme et mon corps dans le sommeil.  A la limite, ce qu’elle peut encore, ce qu’elle veut encore, cette nuit, c’est sa stupéfaction dans l’inconscience. Le silence. Les affleurements minéraux, cristallisations à l’emporte-pièce, fluides, sans attente. L’enjeu n’est pas ou non de penser, mais d’éclairer une pensée sans conscience, qui se meuve doucement à la manière d’un filet à papillon. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que quelque chose se passe. Je bouge un peu sur ma chaise, mais quoi d’autre ? Je ne froisse qu’en rythmes tacites.

 

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