Le deuxième jour, Dieu sépara le ciel de la mer…
2 octobre 2008
Mais le ciel et la mer ne l’entendait pas tout à fait de cette oreille. Ils se concertèrent en secret. Ils se demandèrent comment échapper à cette décision qui les obligeait à n’être unis qu’à l’intérieur de l’action de Dieu, et sous le regard de Dieu. C’est depuis lors qu’à chaque nouvelle lune ils se retrouvent dans l’obscurité. Les années passant, ils expérimentèrent de nouvelles manières d’être ensemble : dans la brume, dans la pluie… Et dans le soleil, à chaque fois que ce dernier dardait ses rayons avec une impétuosité telle qu’il en créait des mirages à la surface des eaux, lumières dans la lumière à l’abri desquelles le ciel et la mer se retrouvaient, et s’aimaient à l’insu de Dieu. Mais ils sentaient toujours sur eux, entre eux la pression de la voûte que Dieu avait créée pour séparer les eaux d’en bas des eaux d’en haut. Parviendraient-ils jamais à se jouer du Créateur, dont le regard ne cessait de décider à leur place, et de décider où étaient leurs places ? Une fois pourtant, dans toute la longue histoire qui fut la leur, ils connurent le bonheur de passer outre à la limite de cette volonté extérieure : une créature en effet s’était révoltée, et avait choisi de se donner à elle-même sa propre perspective sur le monde. De créature, elle devint bientôt une création en acte, et dans son esprit, la mer et le ciel trouvèrent un nouveau souffle. Ils apprirent à se tenir séparer l’un de l’autre pour mieux s’aimer ; ils apprirent la distance, dans toutes ses variations. Ils apprirent à leur tour à regarder Dieu, et à le perdre dans la tâche aveugle de leur vision. Ils détruisirent la voûte, et ne mirent rien à la place que la possibilité : d’exister… Et vous… ? Entendez-vous le roulement des nuages et le chant des oiseaux au fond des mers ?
J’aurais pu raconter cette histoire à mes élèves de philo… le secours de l’imagination m’est souvent précieux. Et chacune de mes deux classes de 1ère a ses mouvements, ses vitesses, ses densités rétractiles, ses croyances, peu vertébrées en général, mais que je ressens comme un appel à l’improvisation, à tisser de leurs questions et des notions qu’un texte peut leur apporter, une ligne de fuite valable, où la compréhension partagée peut devenir formatrice. Mon drame majeur, c’est le peu de révolte de ces adolescents, c’est leur soumission de façade aux dogmes chrétiens, à la discipline ; je dis de façade, parce qu’elle est de l’ordre de l’appris par cœur, non d’une conviction éprouvée par l’expérience et la réflexion. Des exigences de la rationalité, ils n’ont guère entendu parler. Que personne ne sache au juste si Jésus-Christ devait aller aux toilettes comme tout le monde est une chose qui ne les avait jamais frappés avant que je leur en parle hier matin !
Je fais mon travail sérieusement, cela va sans dire. J’ai tout au plus quelques moments de pitrerie élémentaire qui permettent de dénouer çà et là, quelques nœuds que les arguments ordinaires ne parviennent souvent qu’à resserrer. De quoi mes premiers cours ont-ils traités ? Je racontais la dernière fois comment j’étais entré en matière en leur parlant de rencontre : ce que vous rencontrez dans le monde, vous met immédiatement dans une relation avec lui et avec les choses que vous y distinguez ; chaque relation va dans les deux sens et chaque relation est l’opérateur d’une formation des différents membres qu’elle relie. Toute relation apparaît dans une certaine perspective, laquelle est déterminée par des circonstances. Vous ne pouvez voir ce qui se passe dans votre dos, vous ne pouvez voir qu’en raison du fait que vous êtes nés, première circonstance parmi tant d’autres et sans doute, comme aurait dit le vieux Silène, la plus tragique. Je me sers d’un exemple : un tabouret qui se trouve là. Regardez ce tabouret, prenez de la distance, demandez-vous ce qu’il pourrait être d’autre qu’un tabouret. Mes élèves hésitent avant de sentir qu’ils peuvent se lâcher… Est-ce que je donne l’exemple ? Oui, je retourne le tabouret qui devient un porte-parapluie, un lieu de rangement, une assiette. Ce tabouret, si vous prenez de la distance et si vous vous permettez ainsi de le rencontrer à nouveau, peut devenir autre chose, et même quelque chose d’utile : qu’un grand froid frappe Ambatolampy, dans ce pays où il n’y a pas de chauffage dans les maisons, et il deviendra peut-être plus utile de le brûler que de s’asseoir dessus. Au besoin, ce tabouret peut devenir une arme. Je ne parle pas de barricades…
Réfléchir, c’est apprendre à se déplacer dans sa pensée comme on se déplace avec son corps. Partir, revenir, rencontrer, transformer de l’inconnu en connu, se transformer et ne jamais croire que le mouvement du monde va s’arrêter parce qu’on est fatigué de marcher. Qui est déjà allé à Tana ? Trois élèves… Est-ce que vous aimez Tana ? Oui. Pourquoi ? J’ai de la famille là-bas. Il y a de grandes maisons. On y trouve tout ce qu’on veut. Et non dans l’autre classe, parce qu’il y a beaucoup de monde et de pollution dans la capitale. Question rhétorique : n’est-ce pas parce que vous avez pu rencontrer cette ville que vous pouvez savoir si vous l’aimez ou non ? Si vous n’aviez jamais étudié les mathématiques, auriez-vous pu savoir que vous voulez devenir plus tard comptable ou physicien ? C’est la même chose dans la pensée, chaque idée, chaque concept est l’occasion d’une rencontre… et chacune de ces rencontres vous forme selon la relation qui se produit d’entre vous et l’idée rencontrée. Et sur cette relation vous pouvez avoir une action.
Le texte d’Aristote commence comme suit : « Ce fut l’étonnement qui poussa les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, ce furent les difficultés les plus apparentes qui les frappèrent, puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils cherchèrent à résoudre des problèmes plus importants, tels les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des étoiles, enfin la genèse de l’univers. » Après quelques éclaircissements au niveau du vocabulaire, nous nous avançons vers les difficultés apparentes dont parle l’auteur : qu’est-ce donc ? Exemple, pourquoi l’eau reste-t-elle dans la bouteille en plastique ? Pourquoi l’air ne peut-il traverser la vitre alors que la lumière le peut ? Je demande aux élèves d’essayer de s’étonner ainsi de phénomènes qu’ils considèrent d’habitude comme vaguement normaux et sans difficulté. Et là, à mon grand bonheur, ça commence à partir dans tous les sens. L’un des élèves demande par exemple : pourquoi est-ce que les hommes mangent de la viande ? Il commence à creuser : est-ce que les hommes ont le droit de tuer pour se nourrir ? Oui. Et pourquoi ? Je questionne : pourquoi est-ce qu’on a le droit de tuer un bœuf par exemple ? Parce que le bœuf est fait pour être mangé. Fait par qui ? Par Dieu. Mais pourquoi le bœuf plutôt que le chat ? Ils sont saisis d’effroi : manger du chat ? Mmmmh ! Moi j’adore le chat ! Je plaisante… bon, mais qu’est-ce qui fait qu’on mange du bœuf et pas du chat ? Mais Monsieur, le chat va souffrir ! Ah ? Et est-ce que le bœuf souffre moins que le chat lorsqu’on le tue? D’où vient la souffrance ? Ce sont deux animaux, ils ont tous les deux des nerfs… Je reprends la question : pourquoi le bœuf plutôt que le chat ? Ne pensez-vous pas que c’est parce qu’il y a simplement plus à manger dans le bœuf ? Et puis, un élevage de chat, ce ne serait pas très pratique ! Oui, ça a l’air convaincant. Peu à peu Dieu s’éloigne et nous laisse entre nous…
De là, leur montrer que d’une difficulté apparente nous sommes passés à une difficulté plus importante. Et puis repartir, ne pas s’attarder, faire un tour par la cosmologie d’Aristote pour leur montrer que, selon la perspective et les circonstances, notre compréhension des phénomènes peut varier. Aujourd’hui, la lune, le soleil et les étoiles ne sont plus des difficultés importantes pour la pensée, et à la limite d’autres s’en occupent. Par contre, la « genèse de l’univers » est toujours un problème… Comment a commencé l’univers, comment est-il né ? Dieu l’a créé. Bien… Je les initie, et je dis bien initie, à la théorie du big-bang, histoire de créer du jeu, d’engendrer des distances où la pensée devient possible comme mouvement. Nous verrons ce qu’ils en retiennent. L’important me semble déjà être de signaler d’autres possibles. Repartir ensuite, se déplacer dans la pensée pour leur montrer ce qu’on peut faire, pour leur montrer qu’ils peuvent le faire. Je cherche un exemple. Je regarde autour de moi et m’arrête sur leurs uniformes. Pourquoi est-ce que vous portez un uniforme ? Difficulté apparente. Parce que nous sommes obligés de le faire. « Avançant ainsi peu à peu » disait Aristote, alors : pourquoi êtes-vous obligés de le faire ? Pour le maintien de la discipline. Mmmh… et à quoi sert la discipline ? Au respect, à la paix. D’accord, mais à quoi servent le respect et la paix, dans votre cas ici et maintenant ? Ils se posent des questions… je leur propose une réponse : peut-être pour apprendre, pour étudier, non ? Oui Monsieur ! De temps en temps ça leur arrive de l’entonner tous en cœur. La question à ne pas poser en l’occurrence, c’est : est-ce que vous avez compris ? Plutôt vérifier en interrogeant sur le sujet exposé. Ils doivent se dire que je suis difficile à satisfaire. Mais continuons : à quoi ça sert d’étudier ? A trouver du travail, pour gagner de l’argent, se nourrir : pour vivre. Vous voyez, en creusant, en posant d’autres questions, nous sommes passés d’une difficulté apparente sur le pourquoi des uniformes à une difficulté plus importante sur le pourquoi de la discipline. Et là nous pouvons commencer à penser vraiment : j’improvise un exposé sur comment l’on pourrait distinguer deux types de discipline, l’une qui vient de l’extérieur, appliquée sur les élèves par les professeurs, les parents, etc., l’autre qui vient pour ainsi dire de l’intérieur, et qui est l’effort que l’élève fait sur lui-même pour étudier, parce qu’il a compris qu’une telle activité pouvait servir ses intérêts d’être humain. En moi-même, je rogne un peu contre ces réflexions finalistes… ce rapport à l’utilité de l’être humain ne sera pas le dernier mot de l’histoire ; mais pour l’heure, un tel mode de pensée peut les faire bouger… Et puis diable, nous étudions un texte d’Aristote, qui parmi ses 4 causes accorde une certaine importance à la cause finale !
Chemin faisant, nous voici arrivés au quatrième cours, ma deuxième semaine d’enseignement. Nous passons à la suite du texte d’Aristote : « Apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (et c’est pourquoi aimer les mythes est, en quelque manière se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux). » Le professeur repart sur des circuits déjà parcourus, avant de lancer un autre mouvement. L’ignorance, c’est le fait de ne pas connaître quelque chose, et c’est là ce qui vous permet de rencontrer à nouveau quelque chose, qu’autrement vous auriez cru déjà connaître. Par exemple, moi qui vous parle, qui suis-je ? Monsieur Mathias… Autre chose ? Le-pro-fe-sseur-de-phi-lo-so-phie. Bien, et si je vous dis maintenant que je suis le fils de Charles et Patricia, cela vous montre un autre aspect de ce que je suis que vous ne connaissiez pas, non ? Si vous aviez cru tout savoir, vous n’auriez pu intégrer cette nouvelle relation. Aucun savoir n’existe de manière toute faite, il est toujours en train d’être produit, le monde en train d’être rencontré. L’ignorance est donc la condition de toute connaissance… Elle est le jeu ou l’espace qui permet le mouvement de l’esprit que l’on nomme « connaître ». Et Aristote dit encore quelque chose dans cet extrait, entre les parenthèses (même s’il n’y avait de parenthèses du temps des Grecs). Savez-vous ce que c’est qu’un mythe ? Mot inconnu. C’est une histoire, une légende. Vous en connaissez ? On cause un moment. Qu’est-ce ensuite que le merveilleux ? C’est ce qui est inconcevable dans le monde normal, ce qui n’arrive que dans les histoires. Le merveilleux produit de l’étonnement : par exemple, est-ce que cela ne vous étonne pas que Dieu se soit incarné ? C’est quand même incroyable qu’un dieu tout puissant choisisse de devenir un homme ! J’invente alors la légende du dinosaure d’Ambatolampy qui mangeait tous les hommes de la région, jusqu’à ce qu’une autruche, amie des hommes, le tue après avoir trempé son bec dans le chaudron magique d’une sorcière habitant sur cette montagne qu’on voit depuis la ville. J’entends quelque part « la fée Clochette »… génial, ils connaissent Peter Pan ! Exercice : essayez, chacun d’entre vous, de trouver une légende ou un mythe. L’ambiance de travail est fastidieuse… comment savoir différencier un mythe d’une histoire vraie ? Comment construire cette distance ? En plus, l’une des élèves est malade, sort en courant, la main sur la bouche. Lorsque je reprends avec eux, une élève au premier rang finit par me chuchoter : « la vie de Jésus ?». Quand faut y aller ! Très bien mes chers, est-ce que la vie de Jésus est un mythe ? Euh… Je pose la question autrement : est-ce que Jésus a vraiment existé, ou bien sa vie n’est-elle qu’une histoire dans un livre ? Il a vraiment existé, mais je dois les reprendre à plusieurs reprises pour que chacun fasse l’effort de se positionner. Ca tombe bien, moi aussi je crois qu’il a existé. Mais pour autant, sommes-nous sûrs de savoir comment il a vécu ? Comment le savons-nous ? Par la Bible. Or la Bible, le Nouveau Testament, est composé de quatre évangiles, Marc, Mathieu, Luc, Jean, et chacun de ces écrivains et disciples de Jésus avait une perspective sur le monde, une perspective qui n’appartenait qu’à lui. Vous vous souvenez : les circonstances ? Ce qui nous entoure et nous tient ? Alors, dites-mois : est-ce que nous savons tout de la vie de Jésus ? Oui Monsieur. Je cherche la faille, j’ai une idée rigolote : est-ce que vous savez s’il devait aller aux toilettes comme tout le monde ? Grands éclats de rire à moitié gênés… Touché !
Ce qui est raconté dans la Bible n’est donc qu’une version partielle de la vie de Jésus. Je ne leur parle même pas des années de la vie du Christ sur lesquelles nous n’avons aucune information. L’important c’est : pourquoi est-ce que vous croyez que la Bible, dans ce qu’elle dit de partiel, dit la vérité ? Au fond, peut-être qu’elle dit des mensonges ? Je les pousse un peu, et finit par devoir lâcher le mot que j’attendais, ce qui me procure toujours l’impression de faire de l’interventionnisme culturel… La confiance. Paradoxe du professeur dont les élèves sont confiants dans le fait qu’il est le détenteur du savoir. Je repars aussitôt. Moi, je suis allé à Hong-Kong. Je leur explique où ça se trouve. Mais dites-moi : est-ce que c’est vrai, suis-je allé à Hong-Kong ? Oui Monsieur ! Eh bien non, je n’y suis jamais allé, je vous ai menti. Est-ce que je suis allé à Hong-Kong ? Non… Monsieur… Mais en fait oui, j’y suis allé, je voulais simplement vous montrer que si je vous disais que je mentais, alors vous aviez davantage la possibilité de ne pas me croire. Mais j’y suis bel et bien allé, croyez-moi ! Alors, est-ce que je suis allé à Hong-Kong ? Oui… non… Là vous ne savez plus… devez-vous me croire ou non… La confiance, c’est écouter ce qu’on vous raconte en prenant ces paroles pour la réalité. Si vous croyez ce que dit la Bible, vous acceptez ce que dit la Bible comme la réalité. Je repars. Est-ce que vous faites confiance au pasteur à l’église ? Oui. Est-ce que, si vous alliez à la messe, vous feriez aussi confiance au prêtre catholique ? Hésitations. Vous savez que les catholiques croient que leur pape est le représentant de Dieu sur Terre, et que sa parole peut être prise pour la parole de Dieu ? Eh bien, vous qui êtes protestants, est-ce que vous croyez que ce que dit le pape est la parole de Dieu ? Les non se déposent comme des taches d’encre sur du papier buvard. Les protestants ne croient pas cela… ils croient à ce qui est écrit dans la Bible. Mais comme je vous l’ai montré, la Bible est affaire de perspective. Et cela doublement : puisque ce sont des hommes avec leurs perspectives et leurs circonstances qui ont écrit la Bible, et que ce sont le même genre d’homme (vous-mêmes, ou bien le pasteur) qui lisez ce qu’ils ont écrit. Et cela n’est pas valable seulement pour la Bible, mais aussi pour l’Histoire, pour les romans, pour ce que je vous raconte ici… Que fait la philosophie ? En quoi se différencie-t-elle du mythe ? La philosophie ne produit pas de merveilleux, d’après Aristote : elle essaye, par des raisonnements et des arguments, de construire un discours. Qu’est-ce qu’un discours ?
Le gong sonne à propos. Pour la prochaine fois, j’aimerais que vous réfléchissiez à ce que nous avons vu sur l’étonnement, les mythes, la croyance, et en quoi le discours philosophique peut être distingué du mythe. Ils hésitent à sortir comme d’habitude ; c’est que je ne dois pas encore avoir trouvé le mot magique dont ils ont l’usage. Je leur ouvre la porte. Ce qu’ils veulent, je m’en rends compte, c’est un moment solennel, où me dire tous en cœur : au-rvoir - Mon-sieur !
La mer et le ciel se confondent un instant dans mon esprit. Qu’est-ce que je dois leur apprendre à ces gosses ? J’aime plutôt l’idée selon laquelle, à mon contact, d’entre nos discussions, mes propositions, ils se forment eux-mêmes, et gagnent en auto-détermination. Bien sûr, j’agis dès lors à contre-courant du règlement des écoles FJKM, je taillade la discipline, je leur apprends à désapprendre pour que l’apprentissage ne soit pas l’éternelle répétition générale d’une pièce dont ils n’ont pas écrits les dialogues. Un spectacle qui est la manifestation du capitalisme mondial, mais dont les décors chrétiens séduisent une population humble et ce faisant l’entraînent à la soumission. Déclencher un début de conscience politique chez ces adolescents me paraît relever, quant à moi, non du sentiment d’un devoir, mais déjà et simplement des circonstances de notre rencontre… Et je ne suis par ailleurs que partiellement en territoire ennemi : la plupart des professeurs que je rencontre ici n’ont pas des mœurs de mormons, c’est surtout qu’ils sont inscrit jusqu’au cou dans un système et que leurs intérêts s’en accommodent. Je peux me permettre autre chose ; et là, c’est aussi de ma propre volonté de vivre dont il s’agit. L’imbroglio n’est pas à défaire : il suffit de cesser de le regarder de l’extérieur et de se mettre en jeu.
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