Nouvelles en vrac
4 avril 2009
J’ai acheté un nouveau matelas, en mousse va sans dire, épaisseur 12, c’est deux degrés de plus que le précédent qui s’était lentement creusé au niveau du bassin, si bien que je dormais depuis quelques temps le cul sur les planches.
J’ai finalement installé une moustiquaire autour de mon lit. De quoi se rire des moustiques et autres bestioles avant de s’endormir. Ceux qui s’imaginent la chose romantique s’imaginent un lit à baldaquin, mais ma moustiquaire ressemble plutôt à une tente molle. Enfin, malgré la finesse du tissu, j’y gagne un peu de tranquillité, tant physique que psychique.
Les manifestants pro-Ravalomanana se font tirer dessus, et si l’on se demande bien pourquoi ils ont attendu que leur président fétiche ait été renversé pour commencer à se bouger le train, on trouve tout aussi sympathique le fait que ceux qui appuient désormais sur la gâchette ait été il y a peu de l’autre côté du fusil et des grenades lacrymogènes.
C’est la fin du second trimestre, les bulletins ont été rendus hier vendredi aux élèves, des bulletins remplis par nos petites mains. Opération pour laquelle j’ai du compter, mine de rien, trois heures cette fois-ci.
J’ai acheté une petite caméra dans la capitale le week-end passé, histoire d’assouvir mes pulsions de capture et de donner une nouvelle extension à mon corps.
La Suisse, pour faire très général, me manque, et ma tendresse souffre de ne pas pouvoir se donner à celle en qui mon cœur… pour qui mon cœur… avec qui mon cœur… sans qui mon cœur… En mangeant exceptionnellement “Au rendez-vous des pêcheurs” ce midi, j’entrevoyais par instants ta silhouette, Géraldine, passer en face de moi. Promesse de mille dîner aux chandelles, espère mon cœur !
Les sms de l’ambassade de Suisse se suivent et se ressemblent : éviter le centre-ville de 10h à 16h. Les titres des journaux. Les discussions. Etc. etc. La lassitude menace décidément les révolutions.
Ah ma chère sœur ! Je suis bienheureux que tu arrives dans deux jours ! Nous allons voyager jusqu’à Diego Suarez, avec Damien, Alice, et comme chauffeur, le frère de mon proviseur. Paysages, mouvement, j’ai bien besoin d’un bon bol d’air, de me sentir en partance à nouveau. Trois mois. Il me reste trois mois à vivre à Madagascar…
Il semblerait bien que je me sois fait piqué un certain nombre de fois par un mille-pieds, bien que je n’ai jamais vu la couleur de l’insecte en question. J’applique une crème à l’endroit indiqué, et l’on m’a conseillé un antihistaminique et un antibiotique, joyeuse valse de pilules matins et soirs.
L’automne est là, les soirées se font fraîches à Ambatolampy. En pull à partir de 17h30 et jusqu’à 8h30, lorsque le soleil, s’il daigne se montrer, nous réchauffe et peut encore taper de sa chère violence sur nos peaux qui ne demandent pas mieux. Le printemps dans l’autre hémisphère commence sans doute à faire éclater ses premiers bourgeons…
Je mène en ce moment une fouille archéologique de mes productions écrites, dans laquelle je ne peux que me rendre compte d’à quel point j’aurais fait un mauvais archéologue : je n’arrête pas de modifier les sources. Au contact de ces passés de ma plume, je me dis aussi : ah ! toutes ces choses que j’ai écrites, et oubliées ! Peut-être ce retour sera-t-il le signe d’une nouvelle floraison ?
Monsieur Lapin a été renvoyé. Sa remplaçante ressemble à une jolie carotte.
Et puis il y a bien sûr toujours une souris qui habite chez moi. Je vis avec elle une sorte de collocation, de laquelle je ne retire certes aucun avantage, si ce n’est celui de ne pas avoir à la traquer. Je lui laisse quelques restes, et en général elle s’en satisfait. Une fois ou deux, elle s’est arrêtée pour me regarder en passant… Mais les souris, tout de même, manquent de discrétion la nuit quand elles grignotent !
Nous devions jouer un match élèves-profs ou profs-élèves hier après-midi pour fêter la fin du trimestre, mais la pluie est venue s’en mêler et le terrain, devenu impraticable, a dû être abandonné aux grenouilles.
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