Aux cœurs distants

30 avril 2009

La parole sembla suffire quelques temps. Et puis… elle ne suffit plus. Le sens perd peu à peu de sa portée, et bientôt ce sont davantage les sons qui portent, et on voudrait alors n’être plus que son… n’être plus que son et traverser enfin cette étendue. Et encore, dira-t-on, un son décomposé, recomposé, d’un ordinateur jusqu’à un téléphone cellulaire, mais qu’importe : quelque chose passe. Tout comme dans la lettre écrite, le papier, l’encre et le dessin de plume, deviennent peu à peu plus importants que les mots. Plus tard, l’on se rend compte que même là, en fait, ce n’est pas du son qui passe, c’est autre chose, dans le son… la matérialité… de quelque chose d’immatériel ? Quelque chose de certes raréfié, ténu, et qu’on ne m’entendrait pas prononcer, et qu’on ne verrait pas se dessiner sur mon visage ni sur mon corps. Qu’on pourrait peut-être sentir, si l’on était lové, vraiment tout contre moi. Cela se passe entre ma tête et mes pieds, et je sais l’endroit précis de l’encoche.

 

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