Etat quantique

3 juillet 2009

Allez ! Dans le froid de l’hiver, Mathias regardait les brumes de son propre esprit s’étirer et se tresser en une fine corde de coton, une mèche. Il n’avait plus le temps, tout cela était maintenant accompli. Feu ! Mais s’en rendait-il compte ? Quelle importance, il n’avait plus de sens à donner, il n’avait qu’à cueillir et être cueilli par cette bruine de sourires, une bruine oblique qui le portait et dans laquelle sa philosophie avait l’élégance… de s’éclipser. Il était à la fois ici et là, là-bas, dix mille kilomètres plus loin sur le chemin de sa vie, et quel temps lui faudrait-il pour les franchir ? Les franchir sans les rabrouer, en tenant l’équanimité de cet état quantique, ouvert sur toute la distance d’un temps qui ne cesse de devenir plus concret. Allez ! allez ! D’adieux en au revoirs, de lendemains en hiers, renouvelés, mon présent bonjour ! oui bonjour, que feras-tu de ta sortie, de cette prémisse éclatante, pourrais-tu l’oublier, non, tu ne le peux pas, ta vie est là, entre ces gens qui fêtent ton départ, qui sont là à parler le clair langage du coeur, et tu ne voudrais de rien d’autre que de cette amitié qui grossit comme les larmes grossissent aux coins de tous les continents de la terre. Leur générosité est ton propre don à la lumière de leur jour. Te voici, ma coupe, te voici, ma lance. N’est-ce pas ainsi que, rendu à lui-même, Mathias cessa de faire tergiverser sa réalité ? Dire ces phrases toutes simples en leur faisant pousser des bourgeons de sérénité sur chaque syllabe : j’ai été heureux de vous connaître, je vous remercie, je vous souhaite… bonne chance… Qui suis-je ? Demain ?

 

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