Revenir, rentrer, retourner… tout cela était faux. Cela ne colle pas. Cela ne fait pas sens.

Je viens, j’arrive, oui. Cela oui. J’arrive dans ce pays, la Suisse, j’y suis en visite, je vais y rester un moment, oui. Il y aura toujours dorénavant un départ d’avance dans chaque retour.

Je suis en visite, c’est un drôle de pays, je ne l’aime pas plus que les autres, je l’aime parce que je viens voir des amis, de longue date, et d’autres, oui d’autres mais tous ils sont jeunes, bruts et scintillants, oui, tous, avec leurs poids d’opium et la qualité de leurs métaux.

Je passe et la ligne heurte la matière, et la matière heurte la ligne.

Je suis chez moi dans ce ventre où coexistent ces aspects, ce ventre quantique, moi sans orifice, lointain-étendu, j’ai… oui, moi de sensation-silence. Je suis demeure, direction, pourtour, et avec toi, je te suis entre tes omoplates où mes mille fronts se scindent en se rassemblant. Je suis chez moi parce que je suis chez toi, chez vous, et dans vos paroles qui font parler les blancs, dans ton amitié et la tienne et la tienne et la table que nous dressons de nos dentitions parfaites et de nos bouches de cyclones.

Comme un être assis sur l’aiguille des secondes, et qui aurait compris que pour sauter dans le temps il valait mieux cesser d’indiquer ce qui passe, et marcher jusqu’au moyeu immobile de l’horloge.

Pour y prendre un élan, précisément arrêté.

 

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