Lodóronia Eskwander
9 août 2009
Après un peu plus d’un an au fond d’un tiroir, Lodoronia revient à la lumière du jour. Ce texte, écrit entre les mois de février et d’avril 2008, je le savais susceptible d’être repris et clarifié. C’est désormais chose faite. Épuré de ses contingences, et réparti en 5 chapitres dont l’un est entièrement nouveau, il a bénéficié d’une année de distance et de réflexions autour des thèmes que j’y développais. Le discours est stabilisé et ses objectifs n’ont plus peur de se dévoiler ; désormais, la complexité conceptuelle se révèle tantôt par des phrases directes ; l’enveloppement temporel de la narration est porté à un nouveau degré d’achèvement.

” Science-fiction en prise sur l’histoire, essai de philosophie narrativisée, les concepts y deviennent autant de personnages avant d’engendrer des lignes de pensées qui produisent leurs opacités en amont de tout discours vérifiable. Ce texte s’élance dans l’aventure philosophique contemporaine du mensonge, produisant une typologie du vrai, selon le fait, le droit et la puissance. Il recueille les fruits de mon travail sur l’immanence et le corps sans organes, dont il tente une reformulation différenciée. Questionnant le rapport entre nihilisme et capitalisme, il donne le nom de valorisme à l’éventualité de leur dépassement. Un texte qui vrille enfin autour de la notion de peuple, du postmodernisme, autour des figures de l’intellectuel et de notre rapport à la liberté.”
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Perspectives pour un soulèvement
2 février 2009
Antananarivo, lundi 26 janvier 2009 : dans les rues, les manifestants, les destructions, les vagues de panique, les pillages…
S’être senti immédiatement impliqué. Volonté de savoir, de pouvoir faire, de participer. Tentatives pour appréhender, dans un moment de crise, les vivants.
Tensions.
Les arrêtes du sort, je les vois. Je sens ce qui me précède. Les coups pleuvent comme des hanches : danse où la mort s’aide elle-même.
Changements.
Je mets ce jour un point final à l’article que je commençais voilà dix jours, et qui s’est trouvé pris au milieu des révoltes populaires et des tiraillements politiques que connaît actuellement Madagascar.
Ce n’est pas mon pays ? Pourtant j’étais dans la rue comme chez moi, c’est-à-dire de plein droit. En marchant, je repensais au livre qu’un ami m’avait donné pour fêter mon départ : l’Hommage à la Catalogne de Georges Orwell. Je repensais à cet homme perdu dans un combat qui était le sien parce qu’il y avait reconnu ses propres aspirations d’être humain. Je les ai aimés, tous ces gens.
Pour Mnémosyne et pour vos yeux :
Madagascar : perspectives pour un soulèvement.
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Avec mes remerciements à Etienne Räss, pour nos discussions, ta relecture attentive, et, malgré tout, tes jeux de mots à la noix !
saturnZyklon
15 août 2008

“Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse, oblige-toi à tournoyer”.
Cette phrase de René Char m’est récemment venue à l’oreille… Elle exprime je crois cet état d’excès dans lequel je me trouvais lors de la première écriture du texte que je re-publie aujourd’hui, dernier-né de la série /da capo/, datant de l’été 2006. Un excès ? Oui mais qui prend le temps de devenir mesure et souffle.
SaturnZyklon accueille des ambitions que j’osais pour la première fois formuler distinctement. Il les accueille : dans un mouvement de lames, de désagrégation. Kristian Birkeland, spécialiste des aurores boréales mort en 1917, y côtoie un employé d’EMS, un fauve vertical, ainsi qu’un cheval sous ses 4 formes successives : cheval-vapeur, cheval-atomique, cheval-lumière, cheval-imaginaire… Une réflexion sur la mort, sur la post-modernité, sur la cybernétique. Volonté de puissance et condition humaine, la grande politique nietzschéenne en toile de fond.
Deux interludes offraient dans la première version une plage de repos au lecteur : je les ai intégrées dans le flux, telles qu’elles étaient à l’origine. Ce sont maintenant 30 pages d’un seul tenant, un discontinu-continu avec ses différentes vitesses, ses sauts et carrefours rétroactifs. Voilà un texte qui s’offre à l’expérimentation d’un lecteur, quelque part dans le temps, le force à développer une trajectoire en multiplicité à travers les strates enlevées tour après tour par les mouvements tourbillonnaires qui en secouent l’ensemble. Jusqu’à ce que quelque chose craque, à l’image du crâne d’Urizen sur cette gravure de William Blake que j’avais choisie pour quatrième de couverture.
SaturnZyklon est une réflexion sur l’inertie de la conscience de ce que nous sommes. J’y proposais un contre-mouvement : le développement d’une conscience chaotique, “détruisant le cercle parfait de chaque heure, mordant à la tête le cyclone de Saturne”. Dans une époque où la détermination majeure de la conscience d’être est la vitesse de la lumière (électricité, fibre optique, société de l’image), j’ai voulu amener à une vision qui enveloppe la lumière, cette lumière qui nourrit et distingue d’entre les formes. À une vision qui nous révèle dans notre propre étrangeté à nous-mêmes, capable de nous démettre une épaule pour mieux accoucher d’une fleur ?
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#9 pour Lada
13 août 2008
Troisième texte publié de la série /da capo/ : j’ai retraversé cet opus n°9 avec au ventre une joie pleine de son propre poids, de son élémentaire gravité.
Au niveau rythmique, une tension qui ne s’essouffle pas tout au long de ses 7 pages, basse vibrante à la clé, des groupes comme Earth, Sunn o))), avec quelques passades de Meredith Monk, Tangerine Dream et Rachmaninov. Au niveau des thèmes et des apparitions : guerre et musique, du bombardement de Londres aux volutes d’une tondeuse à gazon en 2010, du corps à corps à la guerre des machines, bien loin du crissement du sable et du sang. Descartes, Hésiode, Deleuze-Guattari, des côtes de Normandie à Coney Island, de Lausanne à l’Ecosse rêvée : cette lande qui s’ouvre à la sensation, néant blanc de la possibilité pure.
Et Virginia Woolf qui n’est jamais très loin, avec une généalogie de femmes qui traverse ces horizons : Judith, Noémie, Mary, Lada… Lada née en 1999, mais à qui ce texte s’adresse dans un futur proche. Au futur-plus-que-parfait.
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L’insecte géométrique
4 août 2008
Deuxième reprise de la série /da capo/, dé-rematérialisation avec quelques corrections de pointe. Mais de quoi s’agit-il ?
L’insecte géométrique est un texte rapide et allègre, un texte à lire en fusant sur la pointe des pieds de phrase en phrase afin d’en saisir le signe tracé, tel qu’il apparait à vitesse infinie. On y traite de thèmes tels que le permis de séjour pour étranger, la prostitution, le droit légal et le droit ontologique, Œdipe et le fil barbelé. On y rencontre un parlementaire imaginaire traversant quelques strates historiques entre 1986 et 2006, de Zürich à Berne en passant par Mexico, Berlin.
Et dans l’écrasante amertume de ses pas, tandis que, l’espace d’un instant, son regard rencontre la trame événementielle qui le constitue, la personnification du principe d’angulation de sa vie apparait à son tour, mouillée, poudreuse et rayonnante. Nerf-nature d’un devenir politique sans concession.
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Et ses poings ne sont pas fermés
2 août 2008

.En illustration d’un court texte que je viens de reprendre, cette image d’auteur inconnu. Immobile dans le saut… un abandon, mais je ne sais pas encore de quel abandon il s’agit. Peut-être à la boucle d’un retour ?
Ce texte dont la première écriture remonte à 2006 faisait partie d’une série appelée /da capo/ - référence à l’éternel retour nietzschéen -, des proses poétiques construites pour tourner sur elles-mêmes et s’intensifier à chaque re/lecture. Quelques hasards et une atmosphère favorable m’ont permis de le rencontrer à nouveau, et d’y infuser la matière d’un rêve, fait je ne sais plus quand, qui m’avait de longtemps paru appartenir au même plan de consistance.
.J’y ai taillé également un thème qui n’était jusqu’alors qu’un éclat brute : le rapport entre étendue et gravité, entre la place qu’occupe un corps dans l’espace et la force qui garde tous les corps dans sa sphère de puissance (je comprends “puissance” au croisement du pouvoir-de-faire et de la possibilité pure qui enveloppe ce pouvoir). La Terre ? Oui, mais comment s’arrêter là…
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