Tout est parti et revenu entre l’exactement même et son exact inverse, hors frontière d’une tension à deux tenants sans aboutissant, vers l’autre définitivement autre d’une continuité vitale aporétiquement à côté de la plaque, c’est-à-dire au carrefour de tous les carrefours, pour y revenir, oui tiens, y revenir. Traversée du corps, passage à travers : fenêtre, feuillage, ou comme l’autre jour, un mélange de soleil et de vent, et l’être des hirondelles dans ce ciel bleu, cette souplesse jamais atteinte et cette écoute de l’environnement sans autre commensurabilité que ce présent intensif.
Ce soir à l’Oblõ, perfo noise de Nosk et Tokage, nappes d’élastomères tachetées de voix, sous-mondes en expansion, dorlotés par le métal frotté à l’archet d’une cymbale nous sommes pris dans un déphasage cérébral, une célébration cérébro-spinale !
Puis c’est Aymeric Hainaux, corps électrique, performance de beatbox dramaturgique qu’on ne peut mesurer qu’au volt-mètre, avec des douceurs fœtales et des étrangetés qui vous déplacent à travers l’espace, l’Espace des espaces, ô corps sonore ! Dans une présence à la géographie intensive des corps et des objets-instruments qui libère chaque saveur au moment juste : timing is everything, melancholia, kairos !
Enfin TV-noise, Ricardo et Manu nous offre cette expérimentation post-apocalpytique sur des larsens de télévision, nappes bleues en double focale qui se contorsionnent au gré des allures, des figures géométriques lancées dans ces boucles qui sont autant de signaux à distordre : il y a toujours un signal à capter, il y a la lumière qui devient du son, le grésillement trituré jusqu’à ce qu’il engendre ces mouvements dé-cadencés !
Si tu voyais tout ça…
Si je pouvais partager tout ça, avec toi…
Mon bonheur.
